Le transit de Vénus du 8 juin 2004
Ce transit du 8 juin 2004 fut le 6ème observé....
Au cours des 4 siècles précédents les astronomes et observateurs se sont mobilisés pour déterminer la distance Terre-Soleil en effectuant des mesures pendant le transit de Vénus devant le Soleil. Ce phénomène rarissime (2 par siècle) a enthousiasmé à chaque passage la communauté scientifique.
Aujourd'hui, cette distance est connue par des méthodes qui apportent un résultat bien plus précis. Cependant le caractère exceptionnel de l'évènement, la ténacité et la ferveur des scientifiques d'alors nous incitent à vivre ce 8 juin dans la même euphorie....
5 dates avant 2004




Bibliographie du résumé historique
: Le rendez-vous de Vénus Jean-Pierre Luminet
Vénus devant le soleil livre coordonné par A. Simaan
L’épopée fantastique des transits de Vénus

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Les « tables Rudolphines » de Kepler annoncent les passages de Mercure devant le Soleil en novembre 1631 et celui de Vénus en Décembre.
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Pierre
Gassendi suit le transit de Mercure et se prépare pour celui de Vénus…mais les
tables se trompent car il fait alors nuit en Europe au moment du transit…
C’est
le jeune anglais Horrocks étudiant à Cambridge qui reprend les calculs et
découvre l’existence d’un futur passage de Vénus pour le 4 décembre 1639.
Horrocks assiste au transit avec un télescope galiléen de 40 mm de diamètre, cet instant historique (le 1er passage observé) apporte une nouvelle confirmation des lois de Kepler. Grâce à ses mesures les astronomes allaient calculer plus précisément les prochains passages.
Son correspondant à Manchester Crabtree est moins chanceux mais voit tout de même Vénus pendant des éclaircies.

Crabtree observant le transit
Halley entre en scène le rôle d'Halley
C’est en 1677 que l’idée qui allait enflammer la planète quelques années plus tard germe dans l’esprit du jeune Edmond Halley

En observant un transit de Mercure, il comprend qu’un astronome situé à une autre latitude aurait mesuré une durée apparente du passage sensiblement différente.
L’idée était là, il fallait désormais la mettre en place
Ainsi, il suffirait que deux astronomes puissent observer un même transit en deux lieux suffisamment éloignés l’un de l’autre pour enfin décrocher cette valeur tant convoitée : l’unité astronomique !
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L’appel d’Halley
Le prochain passage est pour 1761…..Halley sait qu’il ne pourra pas en être le témoin …
il lance alors un appel passionné afin d’alerter la communauté scientifique :
Il faut que les astronomes puissent observer le prochain transit en 1761 depuis plusieurs endroits de la planète, et qu’ils le chronomètrent avec application.
18ème siècle : le siècle des lumières !
C'est l’effervescence intellectuelle !
Les distances relatives des planètes au sein du système solaire sont toutes quantifiées en fonction d’une longueur étalon, l’unité astronomique. Dans ce siècle bouillonnant les scientifiques vont s'atteler à la tâche : mesurer enfin la distance Terre Soleil !
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J.N .Delisle
s’entretient à Londres avec Halley sur le passage de Mercure. Halley offre à
Delisle une carte des meilleurs sites pour 1761 …….Le témoin est transmis !!
....................Delisle conduira la mobilisation mondiale de 1761
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La fabuleuse campagne de 1761

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Joseph Jérôme de Lalande
Alexandre Guy Pingré à l'île Rodrigue
Le Gentil de la Galaisière à Pondichéry
Cassini de Thury à Vienne...........
C’est bien une aventure qui s’annonce :
la navigation est encore hasardeuse au 18ème siècle, la détermination précise de la longitude en mer n’est toujours pas résolue, la position de nombreuses contrées demeure incertaine et surtout la guerre de Sept Ans provoque des combats violents en Europe, dans les colonies et sur les mers.
Malgré tout, l’enthousiasme est au rendez-vous : la rareté du phénomène fait du transit de Vénus un objet d’observation de première importance et, pour la première fois de l’histoire moderne, une coopération scientifique internationale est déployée, indépendamment du contexte politique !

La campagne de 1761 donne à la parallaxe solaire une valeur située entre 8.28 et 10.60 secondes d’arc selon les sites retenus pour le calcul : la communauté scientifique est encore dans le doute.
La campagne de 1769
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La France ne peut pas garder le premier rôle en 1769 ; non seulement son empire colonial est décimé, mais en plus elle déplore la disparition de Delisle. C’est donc l’Angleterre qui est sur le devant de la scène. Elle devancera la France par le nombre de participants et par la qualité du matériel.
En France, c’est Joseph Jérôme Lefrançois de Lalande qui succède à Delisle.


En ce qui concerne les observateurs, on prend les mêmes et on recommence : Le Gentil, Chappe, Cassini, Messier, Pingré…tous sont là pour ce deuxième rendez-vous.

Chappe part en Californie
et, de son côté, Le Gentil de la Galaisière attend depuis si longtemps....

Mais les savants améliorent nettement les résultats obtenus après le premier passage : ils savent désormais que la parallaxe solaire est comprise entre 8.43’’ et 8.80’’ (résultats détaillés)
Extrait du livre de J.P.Luminet, "le rendez-vous de Vénus"
C'est Joseph Jérome Lalande qui parle :
"C'est en 1772 que je publiai mon fameux Mémoire sur le passage de Vénus, rapportant les diverses observations effectuées lors du transit du 3 juin 1769 [.....] et nous pûmes annoncer avec assurance que trente-sept millions de lieues nous séparaient de Phébus, à un million de lieux près.
Certains de mes adversaires firent valoir que la précision du résultat ne justifiait pas tous les espoirs que l'on avait jadis placés dans le rendez-vous de Vénus. Ils n'avaient pas tout à fait tort sur le plan de la pure science : je ne doute point que les astronomes des temps futurs affineront nos méthodes, ou même trouveront des moyens plus ingénieux pour mesurer l'univers avec la plus parfaite précision. Mais quoi, ces froids contradicteurs oublièrent-ils qu'au-delà même du calcul de la parallaxe du Soleil et des planètes, le rendez-vous de Vénus avait été un sommet dans l'histoire de la science ?
Pour la première fois, depuis les débuts de l'humanité, au même instant, disséminés partout dans le monde, des savants de toutes nations avaient observés le même phénomène céleste et s'étaient communiqués les résultats de leur travail [.....]
J'ai calculé que Vénus recroiserait le Soleil le 8 décembre 1874 et le 6 décembre 1882. Et à nouveau le 8 juin 2004, puis le 6 juin 2012. Ces temps paraissent lointains. Mais que sont-ils au regard du chaos des âges que seule l'astronomie a su débrouiller ?
Les transits de Vénus au 19ème siècle
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Depuis que les astronomes ont déterminé la parallaxe annuelle des étoiles, la connaissance de l’unité astronomique est devenue vitale, car non seulement elle demeure la distance étalon du système solaire, mais surtout elle est devenue la référence pour l’ensemble de l’Univers.
C’est
pourquoi il est alors important d’exploiter efficacement les transits de 1874 et
de 1882.
Les astronomes qui ont observé les passages précédents ont eu beaucoup de mal à mesurer exactement le temps du transit, en grande partie à cause de la fameuse goutte noire.
Grâce à la récente technique photographique et au dispositif ingénieux mis au point par l’astronome Pierre César Jules Janssen, les astronomes espèrent surmonter cet obstacle.
De nombreuses expéditions : françaises, américaines, anglaises, russes, missions réparties dans les deux hémisphères.
Mais le bilan de 1874 n’est pas très satisfaisant : de nombreux clichés sont flous…..améliorer la technique pour le prochain passage est possible, mais….il y a maintenant d’autres moyens moins coûteux en argent et en énergie pour mesurer la distance Terre Soleil (opposition de Mars par ex).
Cependant, comment renoncer complètement alors que le prochain transit n’est que dans 7 ans….. ?
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De nombreuses expéditions encore en 1882, des drames (Pic du Midi), des succès et des déceptions….

Le travail qui suit les observations est titanesque et les calculs prennent plusieurs années… les résultats tombent alors que plus personne, ou presque, ne les attend ! La valeur de la parallaxe suite aux observations de 1874 et de 1882 est désormais située entre 8.76’’ et 8.88’’.
L’intervalle a été un
peu réduit par rapport au siècle précédent mais les astronomes sont déçus.
«Le
prochain passage n’aura lieu qu’au vingt
et unième siècle, dans cent vingt et un ans et six mois, le 8 juin 2004, de 5h à
11h du matin. Les meilleurs points d’observation sont déjà choisis (comme
ceux de 1874 et de 1882 l’étaient dès 1769) ; mais les astronomes qui
doivent s’y rendre ne sont pas encore….connus. »
Camille Flammarion.
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